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Quand l'Or se mêle à l'Erin
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La Renarde
Duchesse de Poudouvre
Duchesse de Poudouvre

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MessagePosté le: Dim 13 Juin - 21:32 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

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[Dans les jardins du Vieux Manoir quelques temps plus tôt]

C’est une gamme d’orange, de rouge, de jaune ou de rose. Mélange indescriptible dans la voute céleste où l’Or se mêle à l’Erin, explosion de lumière, le soleil agonisant. Il n’est jamais plus beau qu’au soir de sa mort, quand la lune sa maitresse, dévoile tout juste ses rondeurs. Le voilà qui rougit de plaisir à la vue délectable de cette croupe aguicheuse, qu’il n’effleurera jamais. Mais l’astre du jour n’est qu’un puceau et la lune une putain. Cette garce se dévoile chaque soir un peu plus et ne laisse dans la bouche du disque solaire que le goût amer de la frustration. Et lui faible qu’il est, nous arrose de sa semence vierge pour finalement, aller honteusement se cacher. Ainsi tous les jours, il se montre, elle aguiche, il jouit puis elle règne.
Elle n’est plus ni moins qu’une femme, avide et vorace. Elle sait ce qu’elle vaut, il fait ce qu’elle veut. Lune le chasse jusqu’au petit matin où, éreintée, elle ira bien sagement se coucher dans l’attente d’une nouvelle nuitée. Et nous pauvres mortels, sommes les observateurs de ce manège amoureux depuis tant de siècles, qu’il arrive encore malgré tout aujourd’hui, à nous étonner. Ils détournent nos regards abrutis de nos basses besognes, et certains s’esclaffent même émerveillés, devant tel spectacle.

Il faut en saisir la composition exacte, doser chaque couleurs, définir les teintes. Que l’œil humain est faible !

Cette constatation comme une claque en plein visage, elle se déteste veule, chétive et dépendante. C'est lasse qu'un soupire lui échappe avant qu'elle ne plaque une main sur son ventre en retenant à grand peine un cri. Son regard subitement apeuré, implorant se tourne vers lui, le chêne, son bras armé, il comprend, la soulève et l'emmène. Ses pas sont rapides et les conduisent bien vite jusqu'au château.

Place les valets et les laquais, place le temps n'est plus aux formalités. La douleur se fait bientôt lancinante et les cris difficilement réprimés. La bête humaine déboule bientôt dans les appartements ducaux, une Brivael épouvantée à sa suite qui apprête rapidement le lit sans que se soit nécessairement utile. Puis c'est le contact avec sa couche, les maux sont trop intenses pour qu'elle puisse ouvrir les yeux et se situer, mais elle devine, les draps, les oreillers. Tous s'agitent autour d'elle, Brivael quitte la pièce pour d'obscures raisons, Rufus n'a pas cillé, il est présent quoi qu'il advienne. Domestiques et servantes, semblables à des mouches gravitent autour du lit conjugal. Malgré tout ce monde, elle est seule dans sa douleur et bientôt ses cuisses se retrouvent inondées, si tôt ? Son pouls s'accélère le doute la submerge, c'est trop tôt, quelque chose ne va pas. Sa mâchoire se serre tout comme ses poings qui se referment comme des serres sur les draps immaculés.

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Scarlett
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MessagePosté le: Dim 13 Juin - 22:04 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

Sur les injonctions de Thérèse, Scarlett avait finit par se résigner. Elle parcourait les couloirs du chateau .... m'faudrait des rouletttes sous mes semelles avec tous ces kilomètres .... direction chez son fils et sa brue !!! La bonniche pensait que la rouquine allait pondre, cette idiote était capable d'avoir raison !!! La future grand-mère ne pouvait pas faire autrement que d'y aller !!!! Une sorte d'obligation mondaine en quelque sorte.

Scarlett était passée à la cuisine chercher l'indispensable diviseur de douleurs !!! Quand elle avait accouché, on lui avait fait croire que ça serait efficace .... Quelle foutaise !!!

Elle arriva enfin à la porte de la chambre de Lallie. Elle ouvrit la porte et para son visage d'un beau sourire.

Bonjour ma Brue ! Vous avez le visage tout crispé. Vous avez mal ?

Sans attendre la réponse, elle plaça le couteau qu'elle tenait dans ses mains sous le matelas du lit de la parturiente.

Voilà qui devrait diviser votre douleur par deux ! Vous verrez c'est très efficace.

Elle trouva une chaise dans un coin de la chambre, elle s'y installa en ricanant. Un peu comme on va au spectacle.

Et débrouillez vous pour que ça ne dure pas des heures !!! Poussez mais poussez donc !!!! Je n'ai pas que ça à faire !


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Grand_sage
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MessagePosté le: Dim 13 Juin - 22:51 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

[Bureau du Duc]

- Mat en trois coups
- Grumpf...
- Rhalalala, concentre toi un peu. Visualise le jeu dans ta tête. Imagine que les pièces sont vivantes et participent à une vrai bataille dont l'enjeu est de battre son ennemi juré!
- Pour l'instant elles perdent la guerre mes pièces apparemment.
- C'est parce que tu ne fais pas assez attention. Concentre toi je te dis. C'est pourtant pas difficile à voir. Regarde bien les pièces là...
- Euh...
- Il te suffit de bouger une pièce et tu peux me mettre échec et mat. Si tu loupes l'occasion... mat en trois coups! Héhé, moment délicat mais oh combien important ou l'issue de la bataille peut basculer dans un camp ou dans un autre. Quel suspense insoutenable!
- Mouai...
- C'est génial hein?
- C'est nul votre jeu...
- Nul? Tu rigoles ou quoi? C'est le jeu de stratégie par excellence! Tous les maitres de guerre doivent le maitriser à la perfection tant l'analogie avec la guerre réelle est saisissante!
- Z'êtes un maitre de guerre maintenant? Première nouvelle...
- ...
- Bhen quoi c'est vrai...
- Joue...

Le secrétaire du Duc tenta vainement de se concentrer. Le stress de savoir qu'il pouvait gagner mais surtout perdre en cas d'erreur le faisait s'embrouiller. Il avait du mal à bien visualiser la situation. Un faux mouvement et il était perdu. Pourtant il y avait un enjeu. Peu enclin à ce genre d'activité, le Duc avait motivé le jeune Alex en lui promettant cent écus s'il parvenait à le battre. Une telle récompence avait mis fin à ses réticences... Mais maintenant qu'il était à la fois si proche et si loin du but, il n'arrivait plus à se concentrer suffisament pour réfléchir avec justesse à son prochain coup.

- Alors ça vient oui!!!
- Oui bon bhen... deux secondes hein. On est pas aux pièces!
- Allez fais un effort bon sang!

Il regarda à nouveau l'échiquier, chaque pièce alternativement. Puis le roi adverse et le rideau de pièces qui semblaient former autour de lui une muraille infranchissable. Sa main quelque peu tremblante vint se poser sur sa tour. Avec elle, il pouvait venir prendre la dame adverse. Une pensée à connotation érotique traversa ironiquement son esprit, bien vite balayée par le stress montant. Il ne voyait pas la faille... Et éliminer ainsi la dame adverse lui semblait, à défaut de trouver le bon coup, un bon moyen de retarder l'inévitable.

- La tour? Hum hum...
- Quoi? C'est pas la tour qu'il faut jouer?
- J'en sais rien moi! Débrouille toi un peu! Tu crois pas que je vais te donner la solution qui te permettra de me dépouiller non plus.
- Oui non ça je n'en doute pas une seconde. Sa Grâce est bonne avec moi mais pas à ce point là.
- alors, la tour?
- Bhen... Si c'est pas la tour alors... C'est peut-être...

Grand bruit soudain. Du genre, si ce n'est à réveiller les morts, au moins à faire sursauter les vivants.

- Votre Grâââââce! La Daaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaame! Votre daaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaame!

- Quoi la dame? Pouvez pas la fermer non!
- C'est peut-être... la dame oui! Mais bien sûr
- Votre dame... pffffiouuuuu... Votre dame.... pffffffiouuuuu

Tandis que le valet essouflé tendait de retrouver une certaine contenance pour pouvoir délivrer son message qui semblait de la première importance, le déclic se fit chez le fils Thérieur. La dame... Un sourire triomphant aux lèvres, il posa avec une assurance toute nouvelle sa main sur sa dame. Celle-ci pointait directement sur la case proche de celle du roi adversaire, par une diagonale libre de tout mouvement et protégée elle même par un de ses fous...

- Et bien quoi alors?
- Votre dame... elle s'est trouvé mal. Le bébé

Crispation ducale immédiate

- Quoi le bébé?
- Il vient...
- Diantre! Déjà? Mais il est en avance! assurément il ne tiens pas de moi...
- Votre épouse se sent mal Votre Grâce. Et elle semble très inquiète. Brivael aussi...
- C'est vraiment grave.
- Je le crains...

Livide, le Duc se leva à demi chancelant et abandonna sans un regard la partie pour suivre le valet jusqu'aux appartements ducaux. Seul à son bonheur d'avoir trouvé la clé, Alex Thérieur n'entendit rien de ce qui se disait, focalisé sur l'échiquier... Après avoir vérifié trois fois qu'il n'y avait pas d'erreur ni de doute, il déplaça la reine jusqu'à la position fatale et d'une pichenette du doigt fit tomber le roi adversaire, làchant au moment où le duc sortait un simple...

- Echec et mat...

...qui résonna dans la pièce vide avec pour seul écho le bruit mat du roi adverse percutant le marbre de l'échiquier...
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La Renarde
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MessagePosté le: Lun 14 Juin - 18:23 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

Perdue dans sa propre agitation intérieure, il est parfois difficile de percevoir les autres autour de soi. Les doutes l’assaillent de plus belle, serait-ce les retours des violences que Milouse et ses sbires ont exercé sur elle durant cette nuit tragique ? Elle n’a pas le temps de penser d’avantage qu’une nouvelle contraction lui lacère les entrailles. Le travail à déjà commencé et elle est seule, affreusement seule. Puis une voix la tire hors du carcan qu’elle imagine autour d’elle. La belle-mère est ici, assise comme au théâtre, elle regarde et l’enjoint à « pousser ».
Elle n’aurait pu se représenter pire scène que celle-ci. Atteinte dans sa pudeur et dans son intimité, là jeune femme n’a pas le temps de protester d’indignation que les contractions reprennent de plus belle et lui arrache un nouveau cri de douleur.

Celui-ci à beau être son troisième accouchement, le corps lui ne s’est pas habitué. Comment pourrait-il s’accommoder d’une pareille douleur ? Qui le peut ? Elle suffoque, pleure, gémit la maternelle torture ne fait que commencer. « Du nerf » qu’on lui dit ? Les siens vont lâcher, elle ne veut pas lutter ça fait trop mal, elle veut simplement que ça s’arrête, s’endormir, s’apaiser. Mais Nature en a décidé autrement ce soir, les dés sont jetés. Il lui faut se résoudre et plier, se livrer toute entière à cette épreuve et jouer son rôle dans ce cycle naturel au péril de sa propre vie.

Ô sont nombreux ceux qui, en cet instant, rêveraient de la voir passer de vie à trépas. Elle qu’on n’est pas capable d’assassiner sur une place publique, et contre qui il faut se résoudre à employer la force, faute de verve et d’argument. Elle distille avec passion le venin dont ils abreuvent les bretons et souillent les institutions, fondement de cette terre sacré. Et la voilà aujourd’hui, la femme qu’on ne sait museler, allongée et plus faible que jamais. Simplement parce qu’elle a fait ce pourquoi la nature la créée, enfanter. N’est-ce pas là un bien bel enseignement ? Si ce n’est pas les hommes qui tuent, c’est la nature qui s’en charge.

Dans un effort quasi désespéré, elle trouve néanmoins la force d’hurler :


- BRIVAEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEELLLLLLLLLLLL !
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Brivael
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MessagePosté le: Ven 18 Juin - 16:16 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

Engoncée dans son corsage mille fois trop juste pour elle, la vieille Brivael soufflait comme un bœuf en montant le long escalier de pierres en colimaçon. Dans chaque main un seau d'eau bouillante et sur l'épaule quelques linges propres qui seraient sans aucun doute nécessaires en cette nuit interminable. Elle qui avait bien assez à faire des deux premiers enfants de sa maîtresse aurait d'ici quelques heures un troisième rejeton sur les bras. Cette perspective n'était pas pour lui plaire, mais c'était là, la vie de domestique et dans le fond elle aimait sa maîtresse.

Sur son passage de vieux valets lubriques lorgnaient sans vergogne cette masse de chair flottante qui tremblaient dangereusement manquant de déborder à chaque mouvement de la bête de somme. Le souffle court, la poitrine palpitante, la vieille servante était finalement arrivé dans les appartements ducaux à point nommé. La future de nouveau mère hurlait son nom, comme on égorge un jeune porcelet. Ultime effort pour Brivael, qui se précipita à son chevet en déposant bruyamment les seaux sur le plancher.


- Ouste ! Et bien hors de là espèce de grues, vous n'voyez pas que vous l'étouffez ! Rendez vous utiles bande de bulots ! Allons, activez vous !

Aux royaumes des domestiques, on dit souvent que la gouvernante est Reyne. Brivael était donc la Dame en sont royaume de soumission et aussi prenait-elle, malgré la situation, un malin plaisir à exercer sans scrupule son pouvoir tyranniques sur des plus soumis qu'elle. Elle invectivait, chahutait, immolait à peu près tout le monde dans la pièce non sans décharger dans son agitation tout un flot d'insulte.

- Et toi, qu'as-tu à rester plantée là comme un potiche ? Tu n'peux pas faire quelques choses de tes dix doigts empotées que tu es ? Vas donc aux cuisine nous rapporter d'la gnole, et plus vite que ça !

Un regard sur le lit ou se tortillait de douleur sa pauvre maîtresse, bientôt prendrait fait ce calvaire, elle en avait vu et vécut des accouchements, il n'y avait pas de raison pour que celui-ci soit différent des autres.
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Grand_sage
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MessagePosté le: Dim 27 Juin - 22:00 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

- BRIVAEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEELLLLLLLLLLLL !

C'est un Duc angoissé qui traversait le château de part en part, courant en direction des appartements familiaux. Le cri dont l'écho se répercuta sur les murs en pierres du logis principal ne fit qu'accentuer cette angoisse. Les jambes tremblantes, il grimpa quatre à quatre le dernier escalier le séparant de son épouse adorée. La porte des appartements s'ouvrit avec fracas sur un Duc blême quelques instants plus tard. Sa Lallie était là, alitée, hurlant à plein poumon sous les yeux d'une Brivael qui ne semblait pas effrayée plus que ça. Dans l'angle de la pièce, sa mère était là, imperturbable elle aussi.

Un instant, le Duc se demanda s'il y avait réellement motif à s'inquiéter. Le garde l'avait alarmé mais visiblement les deux femmes présentes dans la pièce semblaient tout à fait s'accommoder des cris affreux de la duchesse qu'on sort. Mais la crispation qu'il lisait sur les traits de Lallie, l'effroi que suscitaient ses cris et la paleur de son visage suffirent à grand_sage pour se convaincre qu'il y avait malgré tout de quoi s'inquiéter. Il faut dire que les accouchements étaient loin d'être sa spécialité. Il avait vu bien des choses dans sa vie, mais niveau accouchement il avait de grosses lacunes. Il n'avait qu'une seule expérience en la matière, quelques mois plus tôt quand Lauralyne avait accouché en pleine taverne à Brest. La seule certitude qu'il avait acquise de cette expérience, c'est que la douleur est inhérente au processus de la naissance.

Mais à comparer ce à quoi il avait assisté ce soir là et ce qu'il découvrait maintenant, il ne put qu'entretenir un peu plus cette peur panique qui prenait le contrôle de lui même. Lauralyne avait eu mal certes. Mais elle pouvait encore se tenir debout. Il était évident que Lallie non. Et cette pâleur...

Il se précipita vers le lit et tomba à genoux près de son épouse. Prenant sa main dans la sienne, il la regarda et tenta de la réconforter de sa présence d'une voix qu'il aurait voulu assurée mais qui, tremblante, trahissait sa profonde inquiétude.


- Je suis là ma Lallie. Je suis là. Ca va aller...
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La Renarde
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MessagePosté le: Mar 29 Juin - 22:48 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

C’est bien là le propre de l’être humain que de vouloir traduire par des mots des sensations qui n’ont rien de civilisées. Pourtant c’est en tout point paradoxal puisque la sensation rentre dans le domaine du physique et donc de l’animal. Mais dans ce monde artificiel, construit de toute main par l’homme, il n’est pas très bien vu de se comporter à la manière d’une génisse, même lorsque que l’on accouche et que la douleur est insoutenable. Ainsi on ne dira pas « AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHRG » ou « OUILLLLLLE »
Mais « Damned ! J’ai bigrement mal au bas ventre ». Tout comme il est inutile de préciser que respirer trop fort, trop vite ou grimacer de manière terrible, est parfaitement inconvenant.

Aussi, dans cette fournaise qu’est la chambre ducale, il faut faire bonne figure malgré la rougeur, la sueur et les muscles du visage crispés en un rictus quasi inhumain. Sur un siège quelques « courtisans » et non pas des moindres qui z’yeutent la scène d’un air pressé. Ce n’est pas un accouchement royal et pourtant, c’est presque aussi rempli qu’au théâtre. Tout les acteurs se pressent et s’agitent autour du personnage principal, ce n’est pas le dénouement, ni le début des péripéties. C’est le commencement d’une longue et sanglante pièce dont la fin n’est pas encore écrite. En langage théâtral, on parlerait très justement d’improvisation la plus totale. Le choix des actes est à l’appréciation de l’acteur, ses paroles ses gestes, et l’intrigue sont le fruit de ce qui lui passe furtivement par la tête à l’instant même où il les réalise.

Dans cette scène il y a un vaste lit, témoin des ébats d’un Duc et de sa putain, aujourd’hui théâtre du plus sordide spectacle qu’il est donné de voir. Sur ce lit, se convulse un corps torturé, non pas celui du Duc qu’on assassine, mais celui de la putain de luxe que la nature à pourvue d’un ventre volumineux en punition pour sa faute. Il est des jeux auxquels il faut parfois s’adonner avec modération sans quoi il faut en payer les pots cassés. Mais ne soyons pas mauvaise langue, l’enfançon encore dans le sein de sa mère est malgré tout désiré et maintenant, il n’attend plus que le bon moment pour le quitter, même si cela doit se faire aux prix de grandes douleurs.

Mais souriez vous êtes observé. Le souffle court et l’œil livide, il est de plus en plus difficile de ne pas hurler comme une bête, et tant pis pour l’étiquette. La pression au creux de ses reins et sous son ventre est intenable et les contractions désormais rapprochées, messagères d'une arrivée imminente. Une main c’est saisit de la sienne, et quelques paroles vacillantes sont prononcées, mais elle ne les comprend pas. Les sons et les sensations sont comme distendues. Ses autres sens sont comme annihilés au profit du toucher dont les sensations sont décuplées, amplifiées.

Brivael est revenue, elle la distingue à travers sa vue trouble. Elle aussi s’agite et invective, Dieu qu’il est dur de ne pas tourner de l’œil. Elle n’a plus le temps de s’inquiéter, elle ne pense plus à l’enfant mais à elle. La douleur, l’envie trop tentante de sombrer dans un profond sommeil, un malaise, calme et reposant. Ses yeux se fermes quasiment d’eux-mêmes, elle veut dormir. Une main pourtant s’abat sur son visage avec une telle force qu’il lui est impossible de se laisser aller. Elle aurait presque envie de lui crier « LAISSE MOI TRANQUILLE ! JE SUIS FATIGUEE » mais c’est trop dur d’articuler le moindre mot. Ouvrir la bouche pour pousser un cri relève déjà de l’effort herculéen. Pourtant elle n’a pas le choix, il faut que l’enfant sorte pour mettre fin à ses souffrances. La vielle servante semble prendre les choses en main, une nouvelle gifle s’abat sur sa joue blême et la douleur qui quelques instants est devenue presque secondaire, redouble en intensité.


-Poussez ! Qu’on lui dit. Poussez, sinon c’est moi qui vais le chercher !

Poussez ? Comment trouver la force pour faire un tel effort ? BAF ! La main rugueuse de Brivael heurte de nouveau sa joue livide, puis celle-ci lui empoigne le bras et la redresse. Bientôt une pile de coussins vient se placer dans son dos. Dégoulinante de sueur, on dirait presque qu’elle revient d’un marathon sous 40°C au soleil. Quand ce calvaire prendra-t-il fin ?


- Poussez !

Alors elle pousse.

- Arrrrrgggg ! Le cri de la bête est sorti, il n’y a plus de place pour la société artificielle.
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Brivael
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MessagePosté le: Mar 29 Juin - 23:11 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

Les heures défilent, entre les cris les contractions et les soufflets que la vieille servante lui administre sans retenue. Un personnage vicieux pourrait presque dire qu'elle y prend du plaisir, il est vrai que la Brivael à plus d'une fois rêvé de corriger sa maitresse quand le ton venait à monter.
Sans plus attendre, alors que le moment était venu de séparer l'enfant de la mère, elle avait troussé les jupons souillé de sa maîtresse et s'était placée entre ses jambes, l'encourageant de temps à autre d'une voix ferme. Quand les injonctions ne suffisaient pas, une vigoureuse claque sur la cuisse suffisait à rappeler à l'ordre la future mère. Elle poussait désormais le passage s'étant élargit pour laisser sortir le fruit de leur amour.

- Retournez aux cuisines chercher de l'eau chaude !
Celle-ci à refroidie, l'enfant est à venir, pressez vous.

Quelques servantes s'étaient alors précipités hors, pour aller chercher ce qu'on leur avait demandé. La rouquine hurlait parfois à en crever les tympans et même si la vieille femme était d'ordinaire stoïque et imperturbable, la pâleur et les faibles forces de la Renarde n'étaient pas de bonne augure. ELle craignait pour la suite des évènements.

Dans sa vie, Brivael en avait vu des accouchements, et même si la plupart s'était toujours très bien passés, certaines femmes en voulant donner la vie, s'étaient tout bonnement données la mort. Une théorie d'alchimie, consiste à dire que pour créer toute chose, il faut aussi perdre une chose de valeur équivalente. Pour une vie, une mort etc. Elle priait dans sa tête pour que cette théorie ne s'applique pas à sa maîtresse, mais sa faiblesse lui faisait redouter le pire.

Un nouvel encouragement et désormais elle distinguait très nettement la tête chevelue du futur nouveau né qui se dessinait à l'entrée de la grotte.


- Aller, poussez je le vois ! Vous allez y arriver !
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Jacques de Bauer
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MessagePosté le: Mar 29 Juin - 23:18 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

[remparts, à porté d'oreille d'une fenêtre des appartements ducaux car jamais loin de la duchesse consort]

Un cri. Un long cri plaintif qui n'avait rien de bien humain. Mais ce cri provenait d'une bouche dont la voix lui était trop bien connu. Cela faisait bientôt deux heures qu'il essayait, du haut des remparts du château de Kergroades, d'enseigner à deux bleusailles inexpérimentées les rudiments de leur métier de garde. Peine perdue jusque là. Tout juste ces deux gamins seraient-ils capables de repousser un assaut de la mère du Duc en colère, guère plus.

L'énervement le gagnait quand le cri retentit et déchira la quiétude de cette journée estivale. Le temps de réaction fut, comme à son habitude, très court. Il attrapa par le colet les deux gardes et les tourna en direction du logis principal d'où était parti le cri perçant.


- Ca c'est la Duchesse qui crie. Pas de temps à perdre, vous avez une minute et dix huit secondes pour intervenir. Vous prenez par l'entrée de l'aile est et vous remontez vers les appartements ducaux. Je passe par l'entrée principale et vous retrouve là haut. Vite

Aussitôt dit, aussitôt fait. Il abandonna sur place les deux gamins penaud qui mirent un certain temps, pour ne pas dire un temps certain, à réagir et se mettre en branle selon les indications du garde du corps ducal. Lequel était déjà parvenu en courant jusqu'à l'entrée principale dont il fit voler la porte d'un coup de pied bien assuré. Dégainant son épée, il survola les marches des escaliers pour arriver à l'étage des appartements privés du Duc. Pas de doute, les cris venaient de là, couvrant d'autres voix. Il n'était pas certain, mais il crut discerner celle de la vieille gouvernante. Entrecoupée de bruits secs et sonores qui ne laissaient aucun doute quant à leur origine. On frappait sa maitresse.

Sans prendre plus le temps d'essayer de percevoir ce qui pouvait se passer, il fit irruption l'épée à la main dans la chambre, prêt à frapper les misérables monstres criminels s'en prenant à l'épouse ducale, et se trouva fort couillon lorsqu'il comprit la scène qui se jouait sous ses yeux ébahis. Penaud, il rengaina aussi sec sa lame.


- S'cusez...

Puis ressorti aussi vite qu'il était entré pour se trouver nez à nez avec les deux jeunes recrues qui ne manquèrent pas, entrainés par leur élan, de le percuter.

- Ouppppps
- Faites gaffe un peu, bande d'idiots
- C'est grave?
- Situation sous contrôle. Fausse alerte
- Et les cris?
- La duchesse pond, c'est tout.
- Ah! ouf alors!
- Retournez à votre poste bande de dégénérés. Allez oust!

Bien que n'en laissant rien paraitre, le garde du corps ducal s'inquiétait des cris de sa maitresse. Il resta donc à proximité, guettant les sons en provenance de la chambre, prêt à féliciter le Duc sitôt que son hériter ou héritière aurait daigné quitter le confortable ventre maternel.


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Grand_sage
Duc d'Ouessant
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MessagePosté le: Mer 30 Juin - 21:40 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

Un cri. Une main qui se resserre sur la sienne. Un garde du corps ducal qui bondit dans la pièce comme un diable sort de sa boite puis ressort aussi vite. Les évènements s'enchainent et se déchainent autour d'un Duc dépassé qui surnage difficilement au milieu de cette tempête. Sa seule bouée de sauvetage, cette main qui serre la sienne. Elle souffre et au travers de ce lien qui les unit, et alors qu'elle ne semble même pas avoir réellement perçu sa présence, il souffre aussi pour elle.

Jusqu'à la claque de Brivael. Puis la seconde. Le Duc sursauta et resta interdit, sans comprendre. Une troisième et n'y tenant plus il bondit, saisissant le bras de l'antique gouvernante.

- Non mais ça va pas! elle souffre déjà bien assez comme ça vieille folle sadique! Je vous interdit de lever la main sur elle.
- Vous n'y connaissez rien, laissez moi donc travailler en paix!

GS tenta de résister. Mais l'antique accoucheuse est bien plus solide et robuste qu'il n'y parait et la prise du Duc sur son bras, n'empêcha pas ce dernier de s'abattre claquer la pauvre future mère une fois encore. Puis dans une tentative sauvage de désengagement, la sage femme sans finesse envoya promener le duc à travers la pièce, ce dernier chancelant pour s'abattre contre le mur derrière lui. Légèrement sonné sous le choc, il se laissa glisser le long du mur, tombant finalement sur ses fesses, regardant toujours sa lallie. Sa tête tournait déjà et lorsqu'un cri quasiment inhumain jaillit de la gorge de son épouse souffrante, expression d'une douleur sans nom, un frisson terrible parcourut son échine. Et dans la seconde qui suivit le Duc sombra dans les ténebres. Dans le néant comateux de son esprit provisoirement hors service, seul l'ultime cri de douleur de sa bien aimée résonnait sans fin.
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La Renarde
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MessagePosté le: Mer 30 Juin - 22:10 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

La souffrance est arrivée à son paroxysme et la rouquine se perd dans les méandre souffreteux du corps, si bien que désormais il lui est impossible de se concentrer sur ce qu'il se passe autour d'elle. La douleur à cela de joli, c'est qu'elle est capable de nous faire oublier toutes les autres agressions extérieures et de nous rendre imperméables aux éléments qui nous entoure. C'est un carcan dans lequel se replie l'être pour ne penser désormais plus qu'à lui-même. Que la nature est bien faite ! Mais abandonnons ces réflexions tortueuses pour nous intéresser à cette nouvelle scène.

Sur le lit, point central de la pièce, se joue un nouvel acte. Une rovelaine se débat avec ses démons à défaut de s'ébattre. Entre ses cuisses la tête expérimenter de Brivael, bien loin d'être effarouchée parce qu'elle voit qui lui entonne dans une sorte de couplet pré-natale la mélodie du "pousser nous y sommes presque". Cette voix tonitruante qui sent l'ail et le mauvais alcool c'est la voix des nations et c'est la voix du sang. Mais ces encouragements portent leur fruits, et la rouquine dont le visage rubicond et dégoulinant exprime la profonde souffrance, se met à se crisper d'avantage pour fournir un nouvel effort. Quelques mèche restent collées à son front baigné de sueur, ses sourcils se froncent et un nouveau cri passe la herse de dent et la porte de ses lèvres. Il retentit dans la pièce quelques instant. Gs n'est plus là pour tenir sa main, peu importe elle n'a conscience de rien, seulement du mal qui au fur et à mesure de ses poussées, lui déchire toujours plus les entrailles.
" Poussez vous allez y arriver". Cette voix assurée raisonne tout de même à ses oreilles, comme si elle laisse présager indubitablement un heureux dénouement.
Alors elle pousse toujours plus à mesure que la douleur s'amplifie, que ses entrailles s'élargissent toujours plus pour laisser sortir le monstre de tourments qui loge encore en son sein.

Mais elle doute pouvoir aller jusqu'au bout, c'est si dur ! Qu'est-ce qui peut bien pousser une femme à recommencer à enfanter quand elle sait quel est le prix de la vie ? Tout simplement parce qu'elle oublie peut-être toute ces horreurs... Oui, elle oublie. Aucun corps ne saurait se souvenir de pareilles atrocités, il est tricheur, est-ce là, le processus d'instinct de création ? Une superbe supercherie biologique ? On fait oublier pour forcer à recommencer, à reproduire, à repeupler. Infâme nature tout compte fait ! Que tu es bien traîtresse !


- Arrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrgh ! Je meurs Brivael ! Je meurs !!!

Voilà les mots qu'elle réussit tout de même à articuler après avoir pousser une nouvelle fois.
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Grand_sage
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MessagePosté le: Mer 30 Juin - 22:31 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

Après la pluie le beau temps. Après la lune, le soleil. Après les ténèbres, la lumière. Le Duc reprit doucement conscience. La scène n'a que très peu évolué. Lallie souffrait toujours autant, signe qu'il ne s'était écoulé que très peu de temps entre l'extinction des feux et son réveil soudain. Osant un regard vers le lit, il aperçut Brivael, la tête coincée entre les cuisses de la duchesse consort... Vision terrible en soit mais que le Duc, trop secoué encore, n'interpréta pas comme cela. Fort heureusement pour lui sinon il y aurait eu fort à parier que son réveil ne fut que très provisoire.

Il se releva difficilement et revint aussitôt reprendre place près de lallie. Reprenant sa main, il la serra fermement entre les siennes et se pencha vers son oreille jusqu'à lui murmurer:


- Je t'aime ma lallie. Sois forte, ça va aller.

Il resta là près d'elle, impuissant mais présent, s'en remettant fatalement à la vieille Brivael, seule personne qui semblait encore savoir quoi faire dans cette tourmente du corps.
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Brivael
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MessagePosté le: Mer 30 Juin - 22:49 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

Un homme était entré dans la chambre surchauffée, puis était ressorti en trombe, il fallait faire fasse à la fureur des élements. Un Duc décidé à joueur les preux chevalier au mauvais moment, une future accouchée persuadée d'être mourante, Gast ! Le sort s'acharnait. Sitôt dit, sitôt fait, la vieille avait envoyé valser le duc contre le mur et celui-ci avait finalement tourné de l'oeil.

- Pfff quelle mauviette, j'espère que l'enfant n'aura pas hérité de ces gênes !


Et puis elle ne tarda pas à claquer le cuissot de sa maîtresse qui déblatérait des âneries dans son délire.

- Suffit poussez donc au lieu de gaspiller votre énergie à proférer des bêtises !


D'ailleurs la tête de l'enfant était désormais passée, et bientôt les épaules se présenteraient. Ces dernières ne tardèrent pas à se montrer comme convenu, et sans plus attendre, la vieille femme se saisit avec précaution du petit corps visqueux et le tira vers elle. Délivrance pour la mère, délivrance pour ce petit être.
L'une de servante se précipita sur elle pour envelopper le nouveau né dans un linge propre. Le cordon fut rompu puis noué, sa maîtresse qui criait encore quelques instant plutôt soufflait désormais très fort, pour reprendre ses esprits à moitié sans connaissance contre les oreillers.

On lava soigneusement l'enfant avant de le remettre dans les bras de Brivael, qui épuisée elle aussi songeait à sa couche et à la bonne nuit qu'elle aurait voulu passer. Tout ceci n'était plus de son âge.
S'approchant du duc à mort de trouille elle déclara d'une voix plus douce qu'à l'ordinaire.


- Vôtre Grâce, voici votre fils.

Et sans plus attendre, elle déposa l'enfant dans les bras de son père, avant de retourner au chevet de sa maîtresse. Il lui restait encore à extraite la poche de placenta qui demeurait encore en elle et qu'il fallait extraire au plus vite avant l'empoisonnement des tissus. Elle s'en chargea d'un geste expert, le sang avec souillé les draps et la robe, elle enfouit tous ces déchets biologiques dans les étoffes souillées et les jeta dans la cheminée. Il n'était pas bon de conserver ces choses là.
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MessagePosté le: Mer 30 Juin - 23:11 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

Il est né, enfin ! Elle s'enfonce dans les oreillers soulagée, tandis que raisonne dans la pièce le premier cris de l'enfant qui vient à la vie.

(flemmmeuh)
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MessagePosté le: Jeu 1 Juil - 22:07 (2010)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin Répondre en citant

Son fils. Elle venait juste de dire: voilà votre fils. Son fils... Celui de sa Lallie aussi. Lallie blessée, Lallie épuisée, Lallie martyrisée mais... Lallie libérée!

C'est un GS emprunté, encore plus gauche qu'à l'accoutumée qui se retrouvait une minuscule petite chose fragile dans les mains. Petite et fragile mais qui faisait montre d'un débit sonore bien au dessus de la moyenne. Pas de doute... là dessus il tient de sa mère!

Le Duc, tout couillon, perdu sans savoir ni quoi ni comment faire, considéra ce fils qu'il attendait avec tant d'impatience et qu'il tenait désormais entre ses mains. Ce petit être de chair bien vivant, s'époumonant à hurler. Sans doute une manière de manifester sa joie... ou pas! Peut-être plus un cri de colère et de déception d'avoir été arraché au ventre accueillant de sa mère. Mère qui désormais allait pouvoir souffler et se reposer.

Emerveillé comme jamais encore il ne l'avait été, il couvait la chair de sa chair du regard, cherchant des ressemblances avec lui ou avec Lallie. La voix c'est elle... un coffre comme ça il le tient d'elle, obligé! Le nez... non ça c'est le sien. Les yeux? A lui aussi. Indubitablement on dirait les grands yeux de môman, sa grand mère.

L'idée le fit sourire. Se tournant vers la môman en question, qui était restée en retrait et semblait s'être assoupie, il lui souriait.


- Tu peux être contente môman! Ton petit fils est né! Te voilà grand mère. Alors... heureuse mamie?

Il rigola un grand coup et reprit son détaillage précis de son fils sa bataille comme aurait dit un certain rouquin angevin. Les bonnes joues qui ne manqueront pas d'être pincées c'est lui. Il les avaient eu très charnues toute sa jeunesse ses joues. Les petites oreilles, celles de sa mère. Restait les cheveux. La surprise du chef. Le sujet de discussion qui avait animé le château pendant bien des soirées. Serait-il roux comme sa maman ou bien brun comme son papa. Le suspense était à son comble. La faute à ce linge trop grand dans lequel était emmitoufflé le petit.

Précautionneusement, il entreprit de dégager son crane pour avoir la réponse. Roux ou brun? Brun ou roux? Roulement de tambour, le suspense est à son comble. Un pan retiré, l'autre suivit très vite et enfin il découvrit le crane de l'enfant sous le regard esbaudi de toute l'assemblée.

And the winner is... B......... ??????.....


- Gné!

Ni brun... Ni roux... Que nenni! L'enfant était blond! D'un blond paille très clair! Damned! La surprise du chef, la cerise sur le gateau, l'anguille sous roche, le rebondissement de dernière minute, en un mot (enfin quatre mais on va pas chipoter pour trois) le deus ex machina parfait!

Un tantinet surpris mais pas pour autant abattu, il sourit se disant un instant que finalement ce n'était pas plus mal. Qu'ainsi pas de rouquinerie comme sa mère ni de brunnerie comme son père. Un être à part, un petit prolongement de ses parents mais avec ses différences qui en font un enfant unique. Pour sûr que les gens s'interrogeraient. Mais peu importe les balivernes, cet enfant à le voir était bien le fils de son père et de sa mère.

Il jetta un coup d'oeil vers Lallie pour voir sa réaction. Mais elle semblait déjà s'être endormie, fatiguée par la torture de l'enfantement. Il s'approcha alors de la grand môman du petit et lui présenta l'enfant:


- Môman, voilà notre fils à lallie et moi. Je te présente Maël de Kerdraon. Ton petit fils.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:28 (2017)    Sujet du message: Quand l'Or se mêle à l'Erin

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