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Où je veux !
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Madeline
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MessagePosté le: Dim 27 Fév - 11:08 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

PublicitéSupprimer les publicités ?
Oui, c'est dans les écuries du château du duc de Ouessant que Madeline fit dresser une table pour son petit déjeuner. Pourquoi dans les écuries ? Pour ne pas faire comme tout le monde voyons !
Sur la table : deux croissants faits par le boulanger Raynaud tôt ce matin-là.
En tenue de cavalière, bottes complètes comprises pour une fois, la Madgnifique attendait tout en regardant chier un cheval. Au dehors, il pleuvait comme vache qui pisse, un vrai temps de chien doublé d'un froid de canard. Et une question trottait dans la tête de la marquise : son esturgeon viendra-t-il ?


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Nagirrok
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MessagePosté le: Dim 27 Fév - 12:12 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

Il avait laissé les cîmes enneigées, vierges de la folie des hommes et d'une pureté revigorante pour redescendre dans la vallée et retrouver ce bourbier breton qui lui donna la nausée à peine retrouvé.
Il était allé faire un tour par-ci, un crochet par-là, écouter celui-ci, lire les comptes-rendus de celle-là, partout le constat était le même : c'était à se les attraper et à se les bouffer en ragoût !

Quelle désolation et quelle accumulation de conneries débitées au kilobinioulieuemètre !

Ce duché était un tas de fumier en lente décomposition pestilentielle.

Il revint à Saint-Brieuc constater la même chose : le marché s'engorgeait, la mairie était désertée et ses retards d'impôt s'accumulaient......gros soupir et regard plus envieux que jamais vers la BH....

Partir, viiiiiite.....dégager de ce bordel avant d'être gangréné !

Oui mais voilà, qui ne saute pas n'est pas lyonnais-hé
(désolé c'est un truc de fouteux, d'où ton regard rond !) et qui ne croit pas aux légendes n'est pas Breton !

Et la légende raconte que le vent apporte aux oreilles de celui qui ne croit plus, un dernier souffle d'espoir que lui envoie la déesse des flots.....si, si, c'est une légende super connue, dont j'ai oublié le nom, une histoire peu commune d'un esturgeon fructivore qui dévorait des yeux, des nageoires et du reste des fraiboises.

Bref.....c'est une vraie légende.

Le doux zéphyr vient lui caresser le lobe droit, s'insinua doucement dans son oreille pour délivrer le divin message.


Bouhhhhh, kergro, écuries, magne-toi !

Oui, on a connu plus solennel comme message divin, mais bon hein !

Il était donc arrivé à Kergro après avoir encore traversé ces foutus monts d'arrée dont ils commençaient à en avoir plein les pattes, son canasson et lui, et se présenta à la barbacane du château.

Là, un pauvre bougre sommeillait à moitié, dépité d'être de service un dimanche alors que la foire de l'andouille animait le village voisin.


Toc, toc, amigo, yé soui lé baroun dé molène, tou pé mé annoncer yé té prie ?

Pourquoi prenait-il un accent d'hidalgo andalou ? La réponse est évidente : et pourquoi pas ?
On lui donnait bien rendez-vous dans une écurie, alors en avant les conneries !

Le garde fit comme si c'était naturel et crût bon de jouer les guides touristiques :


La marquise de Blain m'a en effet laissé consigne de vous diriger vers les écuries de la noblesse, au fond à droite, après avoir contourné le puits par la gauche en pensant bien à y jeter une pièce et en faisant un voeu qui se réalisera, enfin c'est ce que dit mon fiston dont le voeu de s'enrichir se réalise à chaque printemps quand il descend au fond du puits pour y ramasser les piécettes...hé hé hé...ah les gosses j'vous jure...ahemmmm.....bon, c'est pas tout ça faut que j'aille graisser la chaîne du pont-levis moi, avant que la duchesse me tombe dessus, pas une marrante celle-là, mais gentille quand même, passque quand ma pauvre femme est morte écrasée sous une charrette, ben qui c'est qui m'a recueilli, hein.....qui c'est, j'vous l'donne en mille c'est la duchesse, comme quoi, faut pas juger les gens sur....

Il contourna le puits par la gauche, y jeta une piécette sans faire de voeu, surtout pas celui de chasteté et retrouva la Sublimissime prête à un trempouillage de croissant, mais également à une chevauchée éreintante, à en juger par sa tenue.

Il leur épargna les convenances d'usage, prit place face à elle et attendit qu'elle termina de scruter le cheval qui se délestait de son trop-plein matinal.

Dehors il pleuvait comme vache qui pisse.
Il regarda encore une fois le cheval en train de chier - celui dont la grâce naturelle l'avait élu plus belle conquête de l'homme - et fit une comparaison mentale avec une vache en train de pisser dont chacun s'accordait à trouver qu'elle était l'un des animaux les plus cons qui peuplent notre planète. Il trouva injuste ce dénigrement systématique des bovidés et cette emphase unanime pour les équidés.

Il regarda Madeline, se pencha vers elle et lui dit d'une voix neutre :


Ouais d'accord mais sans la vache, vous le tremperiez dans quoi votre croissant ? Pas avec un canasson qu'on prépare un bon p'tit déj !
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Madeline
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MessagePosté le: Dim 27 Fév - 15:05 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

Oh la vache, il était venu !


Sans faire de bruit en plus, tel un génie survolant la paille et tous les problèmes de la Bretagne.


Le croissant en suspension au-dessus d'un bol de lait fumant, elle le regarda, surprise :

- J'ai pas trouvé l'étable...


« Ni votre lit » aurait-elle pu ajouter.
Après une aussi surprenante entrée en matière, elle l'invita d'un signe de la main à entamer ce repas chevaleresque. Il pleuvait, mais elle n'en avait rien à faire. Une jument avait la coulante, mais elle n'en avait rien à faire. Le pays connaissait une crise, mais elle n'en avait rien à faire. L'essentiel était là : oh la vache, il était revenu !
Et forcément, elle était là. En perpétuelle quête de ce qui lui échappait si souvent. La maladresse, la colère, l'incompréhension, tous ces ennemis-là n'avaient pas réussi à lui faire poser les armes. La capitulation, elle la refusait net : plutôt la mort que sans son Zig.


Oh la vache il était là !


Pour combien de temps ? Quelques minutes ? Quelques heures ? Quelques jours ? Madeline ne voulait surtout pas compter, elle voulait juste compter pour lui... un peu... beaucoup... peut être passionnément ou à la folie. Et que personne ne s'avise de penser au pas du tout s'il tient à sa mère, à sa femme, à ses gosses, à son chien, à sa vie... Plutôt la mort que sans son Zig. Oui, Madeline était complètement mad depuis qu'elle s'était pris un jet de sang d'écureuil en pleine face. Complètement mad de ce griffon.


Le croissant en suspension au-dessus d'un bol de lait qui refroidissait, elle le regardait, sincère :

- Vous m'avez manqué...


« Que le Très Haut ne soit pas vache et ne me le prenne pas... Qu'il combatte ce génie et son troisième voeu tout comme je combats chaque jour son idée d'exil. Qu'il fasse un effort l'Eternel, même le dimanche... Il n'y a pas de repos possible quand on doit sauver une Mad-âme en peine ! »
Tant de prières récitées au coin du feu, des soirs durant, l'aiguille à la main...
Tant de voeux pourtant tous identiques émis secrètement dans l'isolement d'une maison qui se meurt doucement dès que son troublion n'est plus là.
Tant de phalanges esquintées à chaque fois que ses yeux brouillés de larmes lui font louper un point...


Le croissant reposé à côté d'un bol de lait froid, elle le regardait, troublée :

- Je vous aime, vous savez ?


Lui avait-elle déjà prononcé ces mots-là ? Non jamais. Madeline n'était pas du genre à confondre de tels mots avec « bonjour » ou « merci ». Et parce que c'était là des paroles qu'elle ne prononçait jamais, elle marqua un profond silence, les yeux plantés dans son bol de lait.


Oh la vache... et dire qu'il était là quand elle avait dit ça !


Sans oser le regarder, elle posa sur la table un  drapeau qu'elle avait confectionné pour lui, au coin de l'âtre...




(Bannière confectionnée par LJD Bioul qui m'a généreusement autorisée à en faire RP une oeuvre de Madeline.)


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Nagirrok
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MessagePosté le: Dim 27 Fév - 19:57 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

La fumée qui s'échappait en dansant du bol de lait faisait ressembler la madmirale à un génie elle-aussi. Une djinn de charme sortie d'une lampe magique, qui s'offre et se dérobe au gré des volutes et du vent glacé balayant l'écurie.
Ils avaient coutume, quelle que soit la durée de leur séparation, de se retrouver comme s'ils s'étaient quitté la veille. Des propos simples, directs et gentiment moqueurs étaient de rigueur.

Mais cette fois, il y eut plus de gravité et d'intensité qu'à l'accoutumée.

- J'ai pas trouvé l'étable..........vous m'avez manqué..........je vous aime, vous savez ?

Il inspira profondément. Cet air frais qui emplissait le bâtiment était le bienvenu finalement.

Il la dévisagea à travers la fumée du bol tandis que les derniers mots résonnaient en lui.

Il ne répondit rien, ne cilla pas.
Il songea très fort "moi aussi je vous aime, Madeline" mais ses lèvres demeurèrent closes.

Dehors la pluie ne cessait pas et ils semblaient seuls au monde, accompagnés seulement d'un cheval qui avait bouffé un mauvais fourrage.

Que dire ?
Rester pour rester ? Même si l'envie n'y est plus ?
Rester pour elle ?
Oui bien-sûr, raison plus que suffisante, essentielle même, mais à court terme.
Que deviendrait leur passion alors qu'il aurait des envies de grand large permanentes pour échapper à cette chape étouffante qui s'abattait sur la Bretagne ?
Se lever et combattre, repartir à l'assaut, comme à ses plus belles heures ? Babillage à vide et totalement inutile au mieux ; pitoyable redite au pire.
La politique, il en avait fait le tour, il avait oeuvré là où il le souhaitait : armée, sécurité, économie, tout ça était classé et il n'avait plus envie d'y retourner.

Il avait dans la poche la lettre qu'il avait reçue le jour même d'un ami cher. Les mots l'avaient touché même s'ils n'avaient fait que compliquer sa décision et embrouiller un peu plus ses pensées.......

Alors quoi ? Ce Clan à créer et soutenir ? Oui, belle initiative certainement. Mais il avait mesuré avec Dénéthièvre les limites du clanisme qui, comme chaque organe institutionnel Breton, était davantage sujet à polémique et rivalité qu'à oeuvre de bienfait public. Le Crom n'était finalement qu'un lieu de joute oratoire supplémentaire et il avait, dans cet exercice, donné plus que sa part.

Alors ?

Réveiller les Rapaces et profiter de l'apathie générale pour piller quelques mairies ? Longue entreprise mais amusante à coup sûr.....

Non, ce qui le gardait encore un peu ici, pour un temps qu'il ne saurait estimer, ne tenait qu'en quelques mots : naviguer avec Madeline !

Le concrétiser enfin ce foutu rêve qu'ils avaient caressé ensemble pendant tellement de temps et qui s'était arrêté net un 5 janvier. Elle lui avait appris une chanson, d'un célèbre troubadour, et il n'en avait oublié aucune des paroles.


Tu l'auras, ton bateau blanc
C'est le bateau de ceux qui restent des enfants
Le bateau de tes quinze ans
Te sauvera de ce monde arrangé par les grands
Tu l'auras, ton bateau blanc
Mais pour l'avoir, tu auras mis le temps

Voilà, s'il lui restait une raison de différer son embarquement final, c'était ça ! La navigation demeurait la dernière chose attrayante dans ces royaumes moribonds.
Ne pas partir sur un échec, avec un regret : ils avaient un voeu mutuel à exaucer et ils l'exauceraient, nom d'une soupe de couilles de lièvre !
Naviguer avec Madeline, mais vraiment, pas du simple cabotage entre Saint-Brieuc et Tréguier ou Brest.


Il prit la broderie qu'elle lui avait confectionnée. Touché par ce cadeau, il admira la finesse de l'ouvrage.
Sans quitter des yeux le drapeau, il demanda de manière anodine :


3 mois c'est bien ça ? Ca nous emmène jusqu'en juin ça, non ?
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Madeline
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MessagePosté le: Lun 28 Fév - 00:28 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

 - Et bien voyons un peu que je consulte mon calendrier...


Calendrier qu'elle extirpa de sa besace et dont elle se mit à feuilleter les pages avec une certaine frénésie.

- Juin... juin... juin...


Elle le regarda d'un petit air moqueur.

- J'ai une très mauvaise nouvelle : il n'y a pas de mois de juin cette année... ni l'année prochaine... dans deux ans, on n'en parle même pas, ils ont carrément supprimé deux mois... Ce qui nous mène à... juin 1489 !


Elle referma son énorme calepin-calendrier d'un « clac » sonore.

- Emballé c'est pesé ! Ça tombe sacrément bien en plus car je n'ai rien de prévu pour les trente prochaines années à part.. vous !


Puis elle s'empara nerveusement de son croissant qu'elle noya presque dans son lait froid.

- Et n'ayez pas l'idée saugrenue de me contredire... Hum ?


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Nagirrok
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MessagePosté le: Lun 28 Fév - 17:17 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

- Vous contredire ? Moi ? Alors que vous avez l'estomac vide ?
Je connais la règle élémentaire de survie belle Madeline : ne jamais irriter la Madgnifique quand elle n'a encore rien mangé si on tient à ses membres !


La fumée ne fumait plus, la pluie ne pleuvait plus et Nagirrok se rendit compte qu'ils avaient réussi à tenir plusieurs jours sans se voler dans les plumes mutuellement. Même si Mad avait menacé de plaquer ceci ou de laisser tomber cela, aucune botte n'avait volé dans leur intimité, un réel exploit !

Sont jolies vos bottes !
Et puis elles vont tellement mieux à vos jambes qu'à vos mains......


Il croqua dans le second croissant et pensa à voix haute.

Votre notion du temps est fascinante......à l'image de votre calendrier qui m'a l'air un brin fantaisiste si vous me permettez.......

Trente ans de Nagirrok ? Vous êtes vraiment prête à signer un bail aussi long ?
Vous aimez les défis vous hein ? Mais moi ça me va.....

Bon....trêve de conneries, parlons peu, parlons bien, parlons bateau !

L'ouzo à Santorin c'est pas pour demain, soyons clairs.

Alors voilà ce que je vous propose : vous m'avez un jour - celui de mon annoblissement - promis de m'accompagner à Molène pour y visiter cette fascinante île....euh....lointaine, déserte, ventée, rase et sans végétation mais vraiment charmante pour qui supporte un vent de force 10 en continu !

Alors, avant d'aller se siffler des Guinness à Galway, j'adorerais que vous me montriez si vous n'avez rien perdu de votre adresse à manier la barre afin qu'on aille se présenter aux Molé.....niens...nois...neux...nosiens, bref aux gens de Molène !


Il regarda le croissant qui sortait du lait, tout dégoulinant puis finit le sien sans trempouillage.
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Dernière édition par Nagirrok le Lun 28 Fév - 17:31 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 28 Fév - 17:30 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

- C'était pas des conneries... dit-elle tout bas.

Et tandis qu'il lui parlait de bottes, d'ouzo, de bière, elle répétait doucement

- C'était pas des conneries...

Imbibé comme une éponge de mer, son croissant ne ressemblait plus à rien. Elle laissa tomber Bob dans son bol et le regarda droit dans les yeux.

- C'était pas des conneries !

Là, ce n'était plus du tout un chuchotement, c'était articulé et audible, sans être crié car le cri ne va pas forcément de paire avec le chuchotement.


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Nagirrok
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MessagePosté le: Lun 28 Fév - 17:42 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

Il lui prit la main, posée juste à côté du lieu du crime de Bob.

Cette main qui savait être si douce et si cruelle parfois.

Dans son calendrier à lui, c'était pas des mois de juin qui y manquaient....non pour lui le mois banni désormais était janvier. Il n'y aurait plus jamais de janvier dans sa vie.
Il aurait sûrement l'air con à sortir des cotillons et à souffler dans un serpentin chaque 1er février mais tant pis, il y était résolu : janvier avait été éradiqué !


- C'était pas des conneries !

- d'accord Madeline

Il porta la douce main à sa joue mal rasée et l'embrassa tendrement, tandis que dehors, la pluie reprenait de plus belle.
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Madeline
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MessagePosté le: Lun 28 Fév - 22:25 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

D'abord cette peau qui picote mais qui l'attire
Ensuite son souffle qui réchauffe, Mad soupire
Puis la douceur de ses lèvres réveillant un frisson...
D'un coup de botte la table vole vers le canasson.


Bob est à terre, agonisant dans la paille
La jument malade en fera sûrement ripaille.
Tel un petit lapin, Madeline a fait un bond
Et la voilà debout, collée contre son baron.


Assis là, une main contre sa joue et le nez bien coincé
Entre les petits seins d'une marquise passionnée,
Envoutée à l'extrême par le plus beau des griffons
Son impétueux Nagirrok, alias son esturgeon...


De son autre main elle caresse ses cheveux, au milieu des chevaux, presque à cheval sur ses jambes.


- Je ne me souviens que des belles choses Nagi et nourris l'espoir d'en vivre d'encore meilleures. Et je signe pour trente, quarante ou cinquante ans... Car une minute sans vous est une éternité.


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MessagePosté le: Mar 1 Mar - 16:21 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

Des réincarnations de vies antérieures ou un amour immodéré pour les animaux ?
Hier un écureuil, aujourd'hui une jument
Chaque fois que cela devenait chaud
Les bestioles étaient au premier rang

Dans un grand fracas, la table s'était volatilisée
Et la diablesse, comme une chatte bottée était venue se lover
Elle était contre lui, il fut bientôt en elle
Avec une chaise comme piédestal vers le septième ciel

A califourchon sur lui, ses yeux brillaient de mille feux
Gagné par la fièvre, il se consumait comme un soleil radieux
Ses lèvres fraiboises, ses seins et ses hanches dansaient avec lui
Et leurs gémissements lui rappelaient leurs plus belles nuits

Tandis qu'elle caressait ses cheveux, blonds comme les blés
Il l'écouta lui susurrer des mots sucrés
Elle lui parlait de minutes, d'années et d'éternité
Elle était belle et il ne voulait que la croquer

- Je signe aussi Madeline, à l'instant.....et je veux bien que des minutes comme celle-là durent aussi une éternité.....

La chaise aussi, valsa dans le décor
Et c'est allongés, que continua leur corps-à-corps
Dans un tas de foin approprié
D'une écurie, où deux êtres s'aimaient....
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MessagePosté le: Mar 1 Mar - 20:35 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

Et dans ce tas de foin, alcôve improvisée
Les amants terribles étaient là, enlacés
Tandis que sur le toit s'abattait la tempête
Tout contre un torse nu, reposait une tête.


Les yeux clos, une marquise souriait aux anges
Qu'on condamne la porte, que personne ne les dérange
Laissons-la sourire à la divine Providence
Et profiter de cette douce romance


Une main sur le coeur du couronné de Molène
Elle dessine de son doigt des dauphins des baleines
Tant d'animaux marins sur ce corps de corsaire
Avec qui, un lointain jour, elle ira à Cythère.


Qu'on condamne la porte, qu'on les oublie un peu
Qu'ils se retrouvent enfin, qu'ils apprécient surtout
Ce moment où plus rien dans ce monde de fous
Ne peut dénouer ce qui les lie tous les deux.


Elle dessine des poulpes, des crabes et des Saint Jacques
Rêvant que ce moment dure au delà de Pâques
Heureuse est la marquise d'avoir retrouvé
L'irremplaçable, le seul qu'elle aimera à jamais.


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MessagePosté le: Ven 4 Mar - 14:54 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

Après la pluie vient le beau temps et à côté de l'orage se trouve un havre de paix et de félicité.

Il avait abaissé toutes ses résistances et se laissait couler entre les doigts de fée de sa moitié. C'était bon de sentir ses mains "toutes griffes dedans".
Ses doigts couraient sur lui et dessinaient une fresque sensuelle, un bestiaire de doux frôlement, il s'abandonnait totalement.

Arriveraient-ils un jour à se faire mutuellement totalement confiance ? Finirait-elle de douter régulièrement de ses réelles intentions ? Arriverait-il à accepter que ses secrets ne soient pas des trahisons en maturation mais simplement son jardin privé ?

Ils s'aimaient. Le dire était une évidence.
Mais leurs caractères rendaient cette passion si orageuse parfois.

Pour l'heure, l'orage était dehors. Il caressait sa nuque, entortillait des mèches de ses cheveux et ne finissait pas de la serrer contre lui.

Des fois qu'elle s'enfuit, qu'elle s'évapore, qu'elle s'envole....

Il avait fallu le risque de la perdre pour qu'il réalise combien il tenait à elle, sa belle marquise des vagues.

Alors comme un guerrier de l'amour, un soldat du coeur, il était reparti à l'assaut de sa belle, lui avait montré qu'il était pour toujours......maddict !
Que Nagi le Roc n'était que poussière sans son sirop de fraiboises.
Qu'un Zig sans Zag, c'est comme un navire sans voiles.

Il redressa lentement la tête et chuchota.

-m'avez pas répondu pour Molène......
Ceci dit, si chaque fois que vous voulez éluder une question gênante, vous vous jetez sur moi de cette façon, j'approuve que vous ne répondiez pas....

Il sentait sa poitrine se soulever et se reposer contre lui, son souffle sucré parcourir son torse.

- j'insiste : j'en ai fini avec ma semaine universitaire, les autres matières attendront. Je peux être dimanche matin à Tréguier pour embarquer avec vous et aller naviguer en Iroise....

Mon souci, c'est si vous arriverez à être opérationnelle en 2 jours pour pouvoir appareiller.........mmmmmmm........ça doit pouvoir se faire, non ?
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MessagePosté le: Ven 4 Mar - 18:58 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

Elle dessinait un serpent de mer dont la queue partait d'une de ses épaules et qui zigzaguait sur sa poitrine quand elle s'interrompit pour l'écouter parler de Molène. Puis, tout en continuant son oeuvre d'art par une spirale qui tournoyait autour du nombril :

- Ne tournons pas autour du pot : Je tiens à vous accompagner sur l'île chauve ou ailleurs... Qu'importe la destination tant qu'on y va à deux.


Son dessin l'inspirait et après une forte inspiration provoquée par de coquins desseins, elle prolongea le corps de cet étrange animal de légende sur celui du fabuleux baron.
Il s'inquiétait de savoir si elle serait capable d'être opérationnelle en deux jours, elle le rassura immédiatement :

- Quand il s'agit de prendre les choses en main, je sais être très efficace vous savez...Et si  mon meilleur moussaillon a dû mal à faire son sac; ma foi... Je ne fais pas la fine bouche et je vais l'aider à rassembler ses petites affaires.


Et tout en contournant la tête du reptile marin, elle lève légèrement la sienne pour le regarder.


- Il n'est pas de questions gênantes pour moi mon esturgeon, car comme le dit le dicton : où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir...


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MessagePosté le: Sam 5 Mar - 16:33 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant

La courbe....tout est dans la courbe.
Pas la courbette non, mais la courbe, là réside le secret.
Lui qui n'était pourtant que rectitude et droiture le savait néanmoins.

La beauté, qu'elle soit féminine ou artistique, tient aux courbes. Les plus beaux paysages sont faits de virages et de vallons, les voyages inoubliables de détours et d'égarements.
La courbe, ou l'art de vivre en prolongeant l'espace et le temps.

Admirant celles de Madeline qui ondulait au gré de ses caresses, il songeait que rien n'est jamais rectiligne, que le plus court chemin entre 2 points, n'en déplaise à Euclide, n'est jamais le plus excitant.
Et même pour gagner du temps d'ailleurs, il faut bannir la ligne droite : les vrais voyageurs, navigateurs et les cartes marines de Madeline savent bien que la route droite loxodromique est un leurre qui augmente le temps de traversée et que, paradoxalement, pour naviguer plus vite il ne faut pas être à cap constant mais suivre un chemin......en courbe !
La mer, dernier lieu de vérité à l'allure de rêve, où le paradoxe est la loi la plus fiable qui soit.

La mer, pays des merveilles....

Prenez ce serpent de mer imaginaire auquel la Sublimissime donnait corps du bout des doigts et qui ondoyait sur le corps du soldat nu, n'est-il pas merveilleux de sinuosités et de courbes lui aussi ?
La beauté et le charme du reptile aquatique tenaient à son envergure gourmande, à ses multiples anneaux lascifs, à ses enroulements interminables et charnels, à ses circonvolutions sensuelles et ses contours voluptueux.

Sortie tout droit, non pas de la cuisse de Jupiter mais de l'épaule de Nagirrok, sa queue était parcourue par la main experte de l'Amirale qui en cherchait probablement la tête.

Avait-elle eu connaissance, lors de ses multiples traversées, de cette légende écossaise parlant d'un lac habité par une telle créature ?
S'était-elle mis en tête d'attraper de ses mains cet animal fantastique ?
Et si Nessie naissait et grossissait soudain dans ses si sensuelles serres de marquise sulfureuse ? Madeline serait-elle effarouchée par la taille monstrueuse du serpent marin ?

Il en était là de ses réflexions, quand elle frôla son nombril en lui confiant :

- Ne tournons pas autour du pot : Je tiens à vous accompagner sur l'île chauve ou ailleurs... Qu'importe la destination tant qu'on y va à deux.

Au plaisir d'entendre ces mots et d'être contre la Madgnifique, une autre joie s'insinua en lui, progressive et chaleureuse.....qui montait doucement.....

Il ouvrit des yeux ronds et fut presque gêné, réaction étrange.
Il n'y avait rien de surprenant pourtant, vu la dextérité animale de la féline Zag. Et puis c'était plutôt flatteur de redevenir opérationnel quelques instants seulement après avoir vaillamment exprimé à Mad sa joie de la retrouver......
Mais certainement parce qu'il n'en était pas décideur, cela le troubla pourtant, bien qu'il soit encore loin d'être à nouveau "opérationnel".

Le doux frôlement continuait sa course à la recherche du cerveau du mâle reptilien que les femmes s'évertuent toujours à situer bien trop bas, encore que la notion de bas et haut n'existe pas franchement pour un serpent...... Donc Mad serpentait, inexorablement, patiemment, tandis que la chaleur envahissait encore davantage chaque partie du corps du Griffon.
Elle le rassura sur la logistique et les préparatifs du voyage qui s'annonçait :

- Quand il s'agit de prendre les choses en main, je sais être très efficace vous savez...Et si mon meilleur moussaillon a dû mal à faire son sac; ma foi... Je ne fais pas la fine bouche et je vais l'aider à rassembler ses petites affaires.

La respiration du Corsaire s'accéléra, il se mua en un iguane affamé, en roi-lézard prêt à l'assaut, son bassin commençait à remuer de plus en plus donnant vie au serpent de mer dont Mad avait presque capturé la tête.
Alors, comme une tueuse-née, une traqueuse de gros gibier, une prédatrice froide et déterminée, elle envoya sa dernière sagaie qui finit de mettre en sang l'esturgeon frétillant.

- Il n'est pas de questions gênantes pour moi mon esturgeon, car comme le dit le dicton : où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir...

Nagi sentit ses doigts se crisper et dans un souffle, presque un râle, guttural et grave, il rassura sa câline Madeline :

- N'ayez aucune gêne alors Madeline, je vous en conjure.....
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Madeline
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MessagePosté le: Dim 6 Mar - 23:52 (2011)    Sujet du message: Où je veux ! Répondre en citant


Comme sorti de sa torpeur, l'animal au sang froid reprenait vie tout doucement. Réveil lent et en douceur. Emergence au ralenti. Quelques frissons incontrôlés, quelques émissions sonores... Madeline eflleura de ses doigts la bouche de Nagirrok comme pour lui dire « chutttt », des doigts vite remplacés par des lèvres fraiboises pour qui la gourmandise n'était pas un vilain défaut.


Apprivoiser l'animal, le dresser sans le brusquer pour qu'il vienne de lui même poser son cou dans une paume caressante. Le laisser venir, confiant et gorgé de sève jusqu'à ces doigts curieux qui l'accueillent doucement mais fermement. Le flatter comme il se doit tandis que s'éternise un baiser fraiboisé.


Un soupir. Discret... Retenu...


Des lèvres qui se séparent . Des yeux qui se retrouvent.


Un sourire. Discret... Sincère...


Des cheveux qui frôlent son épaule. Une bouche qui se pose sur elle. Des lèvres qui se pressent sur sa peau et une langue qui le goûte.
Une mèche qui entame un zigzag sur une poitrine qui subit le même sort que l'épaule.
Un souffle sur un ventre qui frémit et un nombril visité par un bout du nez.
Descente lente vers un enfer paradisiaque, retardant l'arrivée pour mieux pouvoir l'apprécier.


Un gémissement. Discret... impatient...


Des mains qui agrippent les siennes.


Apprivoiser l'animal, le laisser venir vers un baiser indécent et le flatter comme il se doit tandis que dehors s'éternise la pluie...


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:19 (2017)    Sujet du message: Où je veux !

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